Encore un an de lectures

2018 c’est fini et c’est le moment de faire un petit point sur les lectures de l’année. Je vous épargnerai un résumé exhaustif des livres lus cette année, on a tous autre chose à faire. L’année se termine avec 125 livres lus. Cela comprend les bandes dessinées et les romans jeunesse et ado. Et ce sont les BD qui emportent la palme du genre le plus lu en 2018 avec 30 titres à mon actif. Pour les coups de coeur, je vous ai déjà parlé ici d’Emil Ferris et son génial « Moi ce que j’aime, c’est les monstres« , ça reste le titre marquant à mes yeux. Jolie découverte chez Casterman avec « Les petites distances« , de Véronique Cazot et Camille Benyamina. Un graphisme tout doux et une histoire touchante.

Côté Romans, ma passion pour la littérature étrangère l’a un peu emporté face aux auteur.ice.s francophones. L’année a commencé avec l’excellent « Un jardin de sable« , d’Earl Thompson aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Les écrivains américains m’ont conquise, que ce soit Don Carpenter et son « Un dernier verre au bar sans nom »  chez 10×18, Richard Brautigan et « Le Monstre des Hawkline » aux éditions Christian Bourgois, Julie Buntin avec « Marlena » à La Belle colère ou Tristan Egolf et le terriblement drôle et impertinent « Seigneur des porcheries« . Mais la palme du coup de poing dans le bide, c’est Gabriel Tallent qui la reçoit avec « My Absolute Darling« . Entre l’écriture parfaitement maîtrisée, le style précis, visuel et la dureté du récit, l’équilibre était périlleux mais réussi. Je pense essayer de vous en parler par ici un de ces quatre.

Les auteur.ice.s francophones ont été plus présents lors de la rentrée littéraire, où j’ai eu la chance de découvrir de petites pépites. Déjà Pauline Delabroy-Allard et le fort et puissant « Ça raconte Sarah » aux éditions Minuit. Ça c’était la claque, la tempête. Olivier Liron et son « Einstein, le sexe et moi » chez Alma m’ont fait rire, apprendre, ressentir la différence. Et c’était beau et chouette. Et mon histoire chouchoute de la rentrée, c’est celle d’ « Isidore et les autres » de Camille Bordas chez Inculte, récit initiatique du petit dernier d’une famille d’intellos qui rentre dans la pré-adolescence au moment où son père décède. Touchant, juste, drôle parfois. C’est un grand oui. Je n’oublie pas en mars 2018 ma rencontre littéraire avec Annie Ernaux, le coup de foudre, l’envie de tout lire. Je déguste petit à petit.

Côté polars, une très belle découverte et une excellente confirmation. D’une part Celeste Ng et sa « Saison des feux » chez Sonatine pour un roman noir assez fin et à la psychologie des personnages assez travaillée. La confirmation, c’est celle de Soneri, le commissaire un peu à la marge de Valerio Varesi. Dans « Les Ombres de Montelupo« , chez Agullo, on continue d’apprécier  les qualités humaines d’un homme en léger décalage avec le monde dans lequel il vit. Et on part pour une chouette cueillette aux champignons dans les montagnes italiennes. En fin d’année, un polar de saison avec « Le Noël du Commissaire Ricciardi » de Maurizio de Giovanni chez Rivages. Ce n’est pas le premier de la série, mais c’est savoureux. L’article est à retrouver en cliquant sur le titre.

Les lectures en romans jeunesse ou ado ont été relativement Girl Power cette année. Entre les deux tomes de la série d’Anne-Fleur Multon aux éditions Poulpe Fictions (« Viser la lune » et « Sous le soleil exactement« ) qui ont apporté une touche de badassitude à la littérature 9-11, on retrouve pour les un tout petit peu plus âgés l’héroïne imaginée par Maureen Wingrove (alias Diglee) : Cléopâtre Wellington. Dans « Autant en emporte la musaraigne » chez Michel Lafon, on la retrouve encore plus déjantée et en pleine folie de la magie de Noël. Pour les plus grand.e.s, « Nous les filles de nulle-part » d’Amy Reed, chez Albin Michel Jeunesse. Bien fait et plein de combativité sur la culture du viol et les agressions sexuelles.

On termine avec un petit point sur les essais. En haut de la pile, « Sorcières : la puissance invaincue des femmes » de Mona Chollet chez Zones. (Ajouter à ça « Beauté fatale » et « Chez soi« , lus tous les deux cette année également.) Quelle claque que cet essai sur les femmes qui sortent des cases, les femmes à surveiller, les sorcières. Ça remet tant en perspective notre manière d’aborder la société actuelle. C’est passionnant. Et sur des thématiques plutôt antiracistes, j’ai aimé « Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs » de Brit Bennett chez Autrement, mais j’ai été encore plus soufflée par « Le racisme est un problème de blancs« , de Reni Eddo-Lodge chez le même éditeur. Une réflexion passionnante sur les privilèges des blancs, le racisme, la discrimination. Indispensable.

Il y a des tas de titres chouettes dont je n’ai pas parlé, parce que sinon cet article serait beaucoup trop long. Je les lance comme ça en vous invitant à aller y jeter un oeil : « N’essuie jamais de larmes dans gants« , de Jonas Gardell, « Appelez-moi Nathan« , de Quentin Zuttion et Catherine Castro, « Le mythe de la virilité« , d’Olivia Gazalé, « Gioconda » de Nikos Kokantzis…

En 2018, j’ai lu plus d’autrices que d’auteurs, et ça me fait plaisir. En 2019 je vais essayer d’aller me confronter à des genres que je lis peu, comme les littératures de l’imaginaire. Je vais essayer d’étoffer mes connaissances en sciences-humaines, hors féminisme, et pourquoi pas de m’essayer aux littératures asiatiques, russes, lusophones…
Pour le reste, 2018 fut belle et intense, remplie de douces rencontres, de cailloux, de plantes, de nourriture réconfortante et de jolis moments. J’espère que 2019 sera aussi clémente, et je vous souhaite, à tou.te.s, une belle, douce, joyeuse année.

Et vous, cette année, quels ont été vos coups de coeur ?

3 commentaires sur “Encore un an de lectures

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  1. Merci pour ce bilan littéraire, qui ajoute encore des titres à ma Wish-list livresque plus que conséquente. M’y absolute darling m’a évidemment chamboulée avec un récit très dur, mais impossible de savoir si je l’ai aimé véritablement…
    Je vois du Virginia Woolf sur ta photo, je suis justement en train de me plonger dedans ! Je trouve cet essai un peu décousu mais j’aime beaucoup le ton caustique et l’humour de l’auteur.
    Je continue de parcourir ton blog que je viens de découvrir via le compte Instagram de la librairie 😉

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    1. Merci beaucoup pour ce gentil mot, pour Virginia Woolf, je comprends, j’ai eu un peu la même impression à la lecture, et puis au final ce qui était dit était tellement intéressant que j’ai fait fi de la forme. Bonne visite sur le blog, j’espère que tu y trouveras de quoi alimenter tes envies de lectures !

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