And then they were none

Invité·e·s à participer au pilote d’une émission de télé-réalité, les élèves de Sainte Scholastique ne savent pas encore qu’iels n’ont pas été choisi·e·s au hasard. Isolé·e·s sur une île au large de la Bretagne, les participant·e·s attendent leurs instructions en observant le cadre mystérieux qui sera leur maison pour la semaine : un manoir effrayant rempli de symboles censés leur révéler des indices.

Ils sont dix. Sept adolescent·e·s et trois adultes, sélectionné·e·s par la production pour leur personnalité et leurs compétences. Il y a Carie, la jeune blonde un peu peste et très populaire, couvée des yeux par Simon, le geek associal. Deborah et Tyron, les jumeaux aussi physiquement différents que possible, l’un est féru de littérature, l’autre est un peu trop assommée par les médicaments pour comprendre ce qu’elle fait vraiment là. Eliot, le petit génie de treize ans, et Margaux la plongeuse de haut niveau. Et enfin, Charles, l’enfant-star décidé à revenir sous les feux des projecteurs. Pour les accompagner, une professeur de lettres, un ancien flic et une infirmière. Tout semble sous contrôle mais ne vous fiez pas aux apparences. Tou·te·s sont coupables. Et lorsque le jeu commence, il devient vite évident que personne ne gagnera. Iels sont là pour expier leurs fautes, et le maître du jeu est impitoyable.

Bon sang que cela fait du bien d’être emportée par un bon polar à destination des ados ! Marine Carteron réalise avec ce roman un merveilleux hommage à Agatha Christie et à ses « Dix petits nègres ». Les personnages disparaissent les uns après les autres et notre cerveau se met en branle, stimulé par les indices disséminés au fil des pages. Impossible de s’arrêter, le rythme parfaitement maîtrisé sait nous tenir en haleine. Les personnages se dévoilent petit à petit, et l’on en vient presque à attendre que leur heure vienne pour admirer les petits trésors mis en place par l’autrice afin que tout fasse sens.

Et au-delà de la structure, Marine Carteron sait nous parler de problèmes contemporains inhérents aux adolescent·e·s sans les prendre pour de petites choses fragiles. Elle sait montrer la complexité des êtres humains, les petits mensonges qui grossissent et viennent gangrener les relations, viennent gâcher des vies. Elle parle de la loi, des responsabilités à assumer lorsque l’on commet des actes répréhensibles. Le tout dans un roman plein de suspense qui vous fait frissonner, tourner les pages avec frénésie et délice. On referme le roman avec la petite frustration qu’il ne fasse pas quelques pages de plus, on quitte l’île à regret, son manoir terrifiant et ses embruns glacés. Baignée dans les romans de la reine du polar anglais, Marine Carteron prend la relève avec brio et fait découvrir aux plus jeunes un grand classique du genre. Beau travail, à dévorer à partir de 14 ans.

Dix, Marine Carteron. Le Rouergue, 2019. 303p, 14€80.

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