
Alerte à la petite pépite qui rend le cœur tout mou, l’œil humide et l’envie de rester plongée dedans indéfiniment. Même si vous n’êtes pas fan de Victoire, au départ, je mets ma main au feu qu’à la fin elle sera votre super pote. Il faut dire qu’au départ Victoire ne s’aime pas beaucoup non plus. D’ailleurs, elle dialogue pas mal dans sa tête avec Défaite, sa jumelle maléfique somme toute, la petite voix qui pointe toujours son nez trop gros, ses seins poussés trop vite, le bourrelet sur son ventre. Le regard des autres n’est plus possible, elle se réfugie dans les filtres et les réseaux pour s’oublier, sèche les cours, se fait choper et c’est le début de la fin.
La punition imposée c’est de passer ses week-ends à faire les vendanges, rencontrer du monde et être au grand air, à 17 ans c’est un cauchemar. Mais la sympathique bande de conscrits qui bosse avec elle la ferait presque changer d’avis, enfin, s’il n’y avait pas cet insupportable type taciturne qui lui fait froid dans le dos…
Tout dans ce roman écrit pour les minouches à partir de 14/15 ans est hyper chouette. Forcément j’ai mon regard d’adulte et je trouve que les messages véhiculés sont à la fois très sains et en lien avec les préoccupations que l’on peu avoir à cet âge-là. Les parents sont très bien écrits, ils proposent des solutions, une écoute tout en étant fermes, la relation amoureuse prend le temps de grandir et évite les écueils, on invite notre chère Victoire à ne pas vouloir sauver celui qui lui fait battre le cœur un peu fort, à ne pas être dans le care permanent, comme souvent les femmes peuvent l’être. Le rapport au corps est douloureux mais évolue joliment. Et l’amitié, elle est au cœur, les ruptures amicales, la distance, le dialogue, les excuses, les réconciliations. Apprendre la vulnérabilité auprès de gens que l’on aime, c’est si doux sous la plume de Maëlle Desard. Et puis surtout, qu’est-ce que c’est drôle. On revit facilement son adolescence, c’est frais, les personnages ont de l’épaisseur et de belles personnalités, alors oui, vraiment, moi j’étais à fond, la tête en Alsace, dans les vignes avec Victoire.
Bretzel Break. Maëlle Desard. Slalom. 2024. 292p.
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