Mon homme marié, de Madeleine Gray

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Hera a 24 ans, aucun but dans la vie et une aversion assumée pour le monde du travail. Elle vit chez son père, repousse son entrée dans la vie adulte de façon opiniâtre, mais à un moment il faut bien s’y résoudre et trouver du boulot. Alors que son quotidien se résume à modérer des commentaires, elle fait la connaissance d’un collègue plus âgé, anglais et malheureusement marié. Cela elle ne le découvre qu’après avoir couché avec lui. Et alors que tout la pousse à ne pas donner suite à cette liaison, elle va faire exactement l’inverse et devenir la maîtresse d’Arthur.

Je commencerai par dire que la seule chose que je n’ai pas aimée du roman, c’est son titre. Je le trouve racoleur et ridicule. Le titre anglais est Green dot, et se réfère au point vert indiquant que l’on est en ligne, sur instagram, réseau que les amants vont beaucoup utiliser. Ce titre symbolise l’attente désespérée de la disponibilité de l’autre, qui ne transparaît pas dans le titre français.

Pour le reste, tout était formidable. C’est un roman incroyablement juste sur l’adultère et la place de maîtresse. Madeleine Gray dit tout, et brillamment, sur la vie dans l’ombre, le secret, l’excitation des débuts, la douleur de savoir que rien ne changera, la déception, l’attente, la honte et le ressentiment. Elle évite tous les écueils et clichés grâce à un personnage acide et extrêmement drôle (tout en étant très touchante) qui m’a beaucoup rappelé Fleabag. Et à la fois elle nous ouvre les yeux sur la banalité de ces relations insatisfaisantes, avec une acuité dans les échanges et les ressentis qui m’a serrée le cœur. C’était une lecture percutante, très contemporaine, beaucoup trop proche de moi pour que je sois objective. C’était formidable et j’ai corné la moitié des pages, et maintenant j’ai envie de le faire lire à tout le monde.

Mon homme marié. Madeleine Gray. Traduit de l’anglais (Australie) par Stéphane Roques. Phebus. 2024. 412p.

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