
C’est une semaine étrange, faite de défiance envers mon corps, d’abord lourd et tendu, aux petits pincements familiers qui jouent avec l’espoir. C’est une semaine à pleurer dans la rue, dans le bar, dans la file de la chaîne de restaurants et essuyer les yeux, le nez, sur la manche du pull pourtant propre du matin même. C’est une semaine à vouloir tout abandonner, à rechercher la fugue, l’appel de la mer, de la cabane, de l’absence au monde. Et lutter de toutes ses forces contre la tentation logée dans le vide du ventre, celle de parcourir le long chemin qui mène au plus profond de soi, pour s’y enfouir et ne plus reparaître. C’est l’envie presque irrépressible de tourner le dos aux mains tendues, aux épaules accueillantes, celle de s’enfermer loin de la sollicitude, car c’est elle qui fait monter aux yeux des larmes amères. Seule, dissociée, il peut être facile de croire que ça va, que ce n’est rien, que c’est juste comme cela et tant pis. Il faut se faire violence pour accepter l’amour, pour se faire vulnérable et se déposer dans les bras de qui a plus de force que soi à ce moment précis, pour garder en tête de regarder dehors plutôt qu’au creux de soi. C’est une semaine de nuits trop courtes, de maux de tête, de petits cernes bleutés qui inondent mes joues sèches. Une semaine à vaciller, à chercher cet alignement qui rend les journées simples, ne pas le retrouver, ne pas se retrouver et tourner en rond. Une semaine à manquer de souffle, à chercher l’équilibre dans la fuite en avant, à être partout tout le temps jamais vraiment là occupée souriante joyeuse un peu ivre concentrée projetée dans plus tard absorbée par les vacances à venir. Une semaine brouillonne qui me fait l’œil chiffon. Une semaine à fuir de moi plutôt que dans la ligne d’horizon.
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