
Six ans déjà du petit festival, six ans des copines avec qui l’on s’échine mois après mois pour qu’advienne le petit miracle d’octobre, chaque chose en ordre, chaque feuille de route envoyée, chaque table ronde prête et la billetterie lancée, la communication au point, la soirée d’ouverture comme sur des roulettes. On s’envoie des mails on ouvre des salons discord on ajoute des éléments sur le drive chaque jour on se dit tu as pensé à ça attends je vais le faire je te fais un rappel je m’en occupe je me note ça. Parfois on oublie. Parfois on se noie un peu, à six pour faire tout ça en plus du reste et de la vie. Mais on s’épaule, on se fait confiance, on se comprend, on a l’indugence de qui sait faire de son mieux, on apprend. Au contact des auteurices, de leurs retours, de leurs besoins, de leurs idées. On avance, on découvre, et qu’est-ce qu’on rit surtout. Et quand arrive le week-end à courir partout, on s’affaire, industrieuses et ancrées, sereines de se reposer les unes sur les autres, rassurées de se savoir dans le même joli bateau. Et la magie advient. Le public, les intervenantes, les modératrices, les associations, les bénévoles, les techniciennes, tout ce monde se mélange et les idées, les mots, les émotions fusent sur scène et dans les couloirs. Édition après édition on fait avancer le monde, à pas de fourmi, mais on le fait avancer. On remue les vieux schémas de pensée, on tape du poing sur la table, on botte des fesses. On pensait faire ça une fois ou deux pour rigoler. Ça fait six fois, et la fierté, si vous saviez, d’en être, et avec elles. Surtout avec elles, sans qui rien ne se ferait et où ce serait moins drôle. Dans nos cernes, il y a le temps, la passion et l’envie de faire que cela advienne, il y a l’ardeur que l’on met à être, chaque jour, de Dangereuses Lectrices.
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