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Octobre octobre et le jour qui décroît, les lampes aux fenêtres et les rideaux tirés. Octobre on referme sa veste, le matin on expire une petite buée tiède. Le ciel s’ouvre trois fois par jour, je m’enroule dans des draps en flanelle, je convoque l’automne et rêve d’un nid de feuilles. C’est le mois des fantômes, je les cajole et entretiens mes mystères. Je ne connais rien de plus doux que ces jours sur la crête, mon cœur enténébré qui bat plus fort. Je refais saison, je goûte les rituels, Octobre c’est la porte ouverte sur les croyances, la place offerte à la hantise. Je déploie mon imaginaire, dans cet endroit humide entre ici et l’ailleurs je me couche en boule, repue et satisfaite. Octobre c’est le goût de la terre et du sang, le craquement des feuilles rousses, la bougie qui vacille. L’envie de la forêt, de s’y plonger les mains, les pieds, le corps entier enseveli sous le bruissement des branches. Octobre on fait son nid, coton, plumes et cheveux ; on compte les jours, les cachets, les aiguilles. La nuit les yeux ouverts on s’accommode du doute, on négocie en douce avec le corps duplice. On est à mi-chemin, l’enfant au menton haut et la chose sous le lit.

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