
L’été se faufile par la fenêtre ce matin le cœur bat vite à travers les rayons. Je referme la porte sur le printemps chagrin, sur les semaines glaciales à errer en moi-même. Je clôture le chapitre de l’hiver mordant, du cœur en miettes qui cesse enfin de s’effriter sous mes doigts. J’y pense encore, et si je ne comprends toujours pas vraiment comment ou pourquoi, je secoue la tête chaque fois, pour chasser les ruines des années passées. Je garde des journées pluvieuses les rires et les bras qui me serrent, la réassurance de l’amour autour de moi. J’ai ri à en pleurer, j’ai voyagé, pris des trains, sangloté de bonheur, acheté ces fleurs que jamais je n’avais reçues de lui, j’ai vu des films et trinqué à moi à nous à la vie et ses surprises, fabriqué des bracelets, encré ma peau et lu à n’en plus pouvoir. J’ai écrit, plus que jamais, et attendu un bébé qui ne venait pas. Et maintenant je peux me retourner sur ces jours avec la gratitude de qui sait que toujours les journées sont trop courtes. Et droit devant, l’été, mon cocon de chaleur, ma fête aux éphélides, les matins paresseux à se dorer au lit. Les vacances à la mer, les fêtes d’anniversaires, les nuits si longues et tièdes, les rires au creux du cou.
L’été dernier m’a écrasée de chagrin, cette année je prends ma revanche et goûte toutes les joies, je me baigne dans le calme revenu. Rien n’est plus doux que de se sentir alignée, confiante et calme, l’œil tourné vers le bleu de la mer. Un jour à la fois, chaque matin je me défais un peu plus de cet amour qui n’en était pas un. C’est l’été qui souffle sur ma nuque, je suis toujours debout, le printemps m’a bercée, j’ai l’infini devant moi pour (l’) oublier.
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