
Je m’accroche à l’été les pieds au bord du vide, la rentrée déjà me guette, je n’ai jamais été moins studieuse. Je compte les jours et les montagnes de travail je repense l’emploi du temps, je note, j’intercale, je me démultiplie, j’ai l’œil ici la voix là-bas chaque jour je fais des points pour me souvenir des tâches des rendez-vous des mails. Je cours partout et je guette la fatigue mais c’est l’été et chaque matin je me dis ce soir je me couche plus tôt et la fougue de la journée me prend et il y a tant à faire et à vivre. Certains jours je m’en inquiète presque, mais c’est si doux et vibrant d’être partout à la fois, de s’octroyer des récréations. Je découvre des friches en moi que j’explore, joyeusement, ardemment, je croise les doigts pour ne pas me perdre de vue mais je ne me suis jamais autant reconnue. En moi mille vies s’agitent et débordent, le temps s’étire, brûlant. Je fais des provisions pour les jours de pluie, des souvenirs à égrener de cet été de soulagement après l’hiver glacial et les nuits mortes. Je me réapprends, je me réhabite, j’opère une mue et chaque particule neuve et brillante marque une distance avec la vie d’il y a six mois. Alors je m’accroche à l’été, de toutes mes forces, à l’étincelle dans le regard et aux nuits refuges.
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