
Il m’en faut peu pour avoir envie de lire un roman. Un bel objet, un résumé un peu mystérieux, le voir dans les étagères de la librairie Myriagone… Depuis quelques années les éditions Corti repensent l’esthétique de leur catalogue et je fonds pour ces couvertures qui semblent tout droit sorties d’un rêve victorien. En ce mois d’octobre où je me focalise sur des textes empreints de mystère, c’était la porte d’entrée idéale.
Parue en 1896, La bonne Lady Ducayne s’inscrit directement dans l’histoire littéraire du vampirisme. Une jeune femme est embauchée comme dame de compagnie par une très vieille femme. Les voilà parties en Italie pour une saison qui semble altérer la santé de la jeune fille. Dans des lettres à sa mère, elle se plaint de moustiques qu’elle ne voit pas le jour mais semblent frapper lorsqu’elle dort profondément, la laissant exsangue.
Si le texte est court et peut sembler mineur, il m’a intéressée par la filiation littéraire dans laquelle il s’inscrit. Pas aussi marqué qu’un Dracula, La bonne Lady Ducayne interroge sur ce qui fait la vampire. La novella (car c’en est une), convoque un imaginaire commun — piqûres, sang, épuisement, lutte contre le vieillissement — au sein d’une narration classique et ancrée dans la tradition littéraire britannique de la fin du XIXeme siècle. Il s’appréhende non seul mais dans un corpus global, jalonnant l’écriture du surnaturel et sa construction en tant que genre.
La bonne Lady Ducayne. Mary Elizabeth Braddon. Traduit de l’anglais par Jacques Finné. Corti. 2023.
Laisser un commentaire