Écouter / Voir de l’hiver

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Il va être temps que le printemps et le soleil montrent leur nez car là le monde est à bout de souffle. Entre une actualité aussi effrayante que déprimante, l’absence totale de luminosité sur les deux premiers mois de l’année et ma dep personnelle, il a été un peu complexe de me remplir de jolies choses. Cependant, j’ai été un brave cheval et pendant les 24 premiers jours de janvier j’ai commis un Calendrier de l’Après sur Substack donc si vous voulez ça vous fait 24 jours d’écouter voir et ça c’est quand même un cadeau du ciel à mon humble avis.

Voir

Hamnet, de Chloé Zhao

J’ai décidé d’aller un peu plus au cinéma et comme j’y suis déjà allée deux fois depuis le premier janvier je pense avoir quasiment explosé mon record de l’année dernière. La première fois c’était pour aller voir l’adaptation d’Hamnet par Chloé Zhao. J’avais beaucoup aimé le roman de Maggie O’Farrell, version romanesque avec pas mal de souffle de la vie du fils de Shakespeare, Hamnet, décédé jeune et qui inspirera à son père la célèbre pièce presque éponyme. Dans le roman, Maggie O’Farrell ne nomme jamais le dramaturge. L’accent se porte sur ceux que l’Histoire n’a pas retenu, sa femme, ses enfants, cette vie dans un petit village que l’auteur a presque fuie pour aller trouver succès à la capitale.
Le film laisse une très belle part à Jessie Buckley, qui interprète Agnès Shakespeare et dont le jeu m’a éblouie autant qu’ébranlée. Je l’ai trouvée incroyable, jamais dans la retenue, au contraire, et c’est ce qui sied à l’histoire. Paul Mescal, pourtant attendu, se fait plus discret, toujours juste dans son jeu, mais pour une fois ce n’est pas le personnage principal de l’histoire et on aime bien le voir porter ses slutty petites boucles d’oreille mais voilà, bon, passons. La photographie est magnifique, le rythme assez lent. C’est un film qui prend son temps et cela fait du bien, d’être dans cette nature, dans ce foyer. Malgré la peine et les drames.

The Mastermind

Laissez-moi vous dire « rou-hou » car je suis vraiment une énorme pigeonne dès qu’il s’agit de passer deux heures au cinéma en compagnie de Josh O’Connor. J’ai décidé d’aller voir le nouveau film de Kelly Reichardt sans avoir même vu la bande-annonce, en me disant qu’une sorte de film de braquage ce serait forcément bien. Et comme parfois la vie me donne raison, eh bien c’était bien. Mais déstabilisant.
Dans The Mastermind, un père de famille plutôt installé mais complètement au chômage, décide de monter un plan de braquage d’oeuvres d’art au musée du coin. Rien ne va évidemment se passer comme prévu et tous nos fantasmes d’Ocean’s Eleven se cassent vite la gueule pour plonger dans la banalité crasse d’un homme médiocre. Kelly Reichardt enterre l’héroïsme qui peut souvent aller de pair avec ce type de films. Son female gaze bienvenu permet de remettre l’église au milieu du village, ici la question de la parentalité. Un père de famille n’est pas un cowboy solitaire dévoué au crime. Il a ses gosses dans les pattes, parfois aux pires moments, il a une compagne, il ment, il déçoit tout le monde. La cavale est objectivement moins une aventure pleine d’adrénaline qu’un grand no man’s land chiant fait d’autobus et de squat chez des gens que l’on encombre par notre gênante médiocrité. C’est lent. C’est très lent. La musique est tout en jazz, avec force cymbales et trompettes. La photographie sort tout droit des années 70 et c’est beau, on parle peu, on attend, on a l’oeil sur un homme qui ne voit que lui-même et se fera rattraper par l’Histoire (et c’est assez malin). Josh est évidemment très beau, je suis tenue de le mentionner. Bref, c’était très bien, mais je ne sais pas si j’aurai l’envie de le revoir au vu de l’extrême lenteur. Mais je suis ravie de l’avoir vu.

John Wick

Vous le savez, nous sommes des êtres multidimensionnels et quand je vous parle de films / livres / séries, je n’ai aucun souci à faire des grands écarts comme la Nadia Comaneci de la vie que je pense être. Lors des épisodes réguliers du Mini CinéClub Tonic (la version mini de l’Ultra Ciné-Club Tonic) nous avons entamé un cycle « films de bagarre » et j’ai donc vu pour la première fois de ma vie les trois premiers John Wick. J’ai une petite tendresse pour Keanu Reeves et je prie les dieux de la décence pour que jamais un dossier ne sorte sur lui afin qu’il nous reste encore un homme pas si pire dans ce monde de chiens galeux.
Bref, John Wick c’est qui ? C’est un gars qui a été tueur dans une autre vie mais s’est rangé par amour parce que bon ça suffit les conneries quand on a le love. Mais sa femme meurt d’une maladie, on peut apparemment jamais kiffer tranquille, et elle lui offre un chien ultra mims. SAUF QUE, (je vous spoile pas grand chose c’est littéralement les 10 premières minutes du film), Johnny Boy va tomber malencontreusement à la station essence sur le fils d’un boss du crime organisé qui a des problèmes pour gérer la frustration car son père a probablement pratiqué sur lui la parentalité positive à base d’absences répétées et de grosses mandales. Toujours est-il que le type voit le chien et veut le chien. John lui dit non merci mon brave c’est mon chien. Et là quoi ? V’la-t-y pas que la nuit suivante John Wick se fait attaquer chez lui et qu’on lui tue son chien. Donc déjà moi j’étais pas bien alors que ça n’avait même pas commencé. Vu que le chien était un chien mais bien plus qu’un chien, vous avez saisi l’idée, le gars décide de partir en vendetta et moi je comprends et respecte ça, en plus il a du temps libre. Et comme une action a des conséquences, y’a 4 films et un nombre de morts qui pourrait alerter les autorités au bout d’un moment.
John Wick ne parle pas beaucoup mais les traînées de cadavres qu’il sème derrière lui parlent à sa place. Et j’ai trouvé ça super. C’est divertissant comme on s’y attend, ça se bagarre et on est là pour ça. Y’a un monde secret de tueurs à gage avec une administration qui a rendue toute chose la wannabe Suicide Girl adolescente qui sommeille en moi. Y’a des codes d’honneur, des rebondissements, des courses poursuites, et j’ai pu découvrir une facette de moi-même assez rafraîchissante, celle qui se retourne pour dire à son pote « T’as vu le son là ? C’est vraiment chiadé, ça fait un bruit beaucoup plus humide quand ils tirent dans la tête ». Je suis également devenue voisine vigilante du nombre de balles tirées avec un flingue et je peux maintenant monter sur mes grands chevaux quand on défouraille à tout va et qu’on ne recharge jamais son gun. Pigeonne, mais amie du réel, et dans ce genre de films on sait que c’est important. Bref, j’ai hâte de voir le quatrième.

Écouter

Du temps à tuer

C’est ma copine Camille, bandeuse de faits divers devant l’Éternel qui m’a alertée sur ce nouveau podcast en me disant : c’est du true crime et de la cartomancie. Ok j’arrête tout pour aller écouter les premiers épisodes. Comme avec Camille on n’a jamais réussi à concrétiser notre projet de podcast de true crime qui s’appelait « Les droguées du crime » c’est bien que quelqu’un s’y soit mis à notre place.
Donc c’est quoi, Du temps à tuer? C’est deux amies, une autrice et une cartomancienne, qui s’attellent à des faits divers (dont je n’avais pour la plupart pas entendu parler donc c’est rafraîchissant) et nous font le déroulé des faits et de l’enquête. Elles ponctuent cela d’anecdotes personnelles et c’est plutôt drôle. En fin d’épisode, elles posent des questions et tirent des cartes et – disclaimer évident la cartomancie est une activité de loisir qui ne se substitue pas à une enquête – interprètent les résultats. Fun.

Loler

Je rajoute une dernière partie pour vous partager mes meilleures trouvailles de mèmes de ces derniers temps, toujours utiles pour ponctuer vos articles, mails professionnels, conversations entre ami-es. C’est le fil qui me retient à l’internet d’avant et croyez-moi il est en titane.


Voilà c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que le printemps joli va me faire regarder et écouter mille trucs pour vous en parler ensuite, mais comme dit en introduction, vous pouvez toujours aller consulter le calendrier de l’Après pour plus de recos.

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