Le soleil est revenu ainsi que la joie de vivre et si l’on a un peu moins envie de se foutre par la fenêtre il ne nous manque plus que deux ou trois types d’extrême droite en mort cérébrale pour nous faire enfin croire aux événements heureux. Mais en attendant il reste la musique, et si en ce début de printemps j’ai poncé des playlists de zumba (car ayant bientôt trente cinq ans il fallait que je me mette à une activité physique allant avec ma génération), j’ai aussi continué de découvrir des trucs que je qualifierais de vraiment chouettes.
Je compense un petit moral par une énergie musicale débordante, avide de découvertes afin de ne pas laisser mon seum prendre le dessus et me faire regarder le plafond cinq heures par jour accompagnée d’un triangle des Bermudes musical (aka Barbara, Anne Sylvestre et Françoise Hardy). Cependant je ne me laisse pas abattre, et je vous partage avec l’enthousiasme d’un border collie trois albums qui continuent de me donner de la joie.

Blame My Ex, de The Beaches
J’ai commencé par mentir, parce que je vous ai dit que je vous présenterais des albums que j’écoute ce printemps, or j’ai passé mon hiver à me passer en boucle cet album de The Beaches, groupe rock canadien découvert quand je traînais encore sur instagram et que je suivais religieusement les conseils de Sufragettes Records, magasin de disques australien. Et vive la mondialisation. Blame My Ex est un album parfait pour faire office de catharsis, notamment après une rupture qui vous a laissé avec de la colère et des affaires de votre ex que vous rechignez à brûler car vous avez peur de ce que pourrait dire la copro si le détecteur de fumée se mettait en marche à deux heures du mat’. Il s’ouvre sur le magistral Blame Brett, morceau que j’ai écouté au bas mot 150 fois. Ce qui ressort de cette chanson, et de l’album, c’est une désarmante sincérité et la capacité à parler à tout le monde de ces moments où l’on est émotionnellement au fond du seau, mais avec encore suffisamment d’énergie pour creuser encore. Contrairement à beaucoup d’albums, je trouve que celui-ci est meilleur au début qu’à la fin. Je n’ai pas beaucoup accroché aux deux derniers morceaux, mais j’aime beaucoup What Doesn’t Kill You Makes You Paranoid (je vous avais dit qu’on allait bien), Kismet (un peu plus pop mais ça fait du bien) et pour terminer joliment, Edge Of The Earth qui se la joue un peu balade, c’est mim’s, on a envie d’être amoureuse, rien à voir avec la verve acide du début de l’album.

No Obligation, de The Linda Lindas
On change un peu de crèmerie avec No Obligation, le très énervé album des Linda Lindas. Le premier morceau, éponyme, vous met dans le ton. Ca va se calmer un peu après, mais au départ, c’est pas pour les boy scouts. Le quatuor de Los Angeles nous offre un album qui s’écoute tout seul, tout de guitares électriques et de meufs vénères comme on aime. Si parfois on sent le côté un peu jeune, je crois qu’on n’a pas le droit de venir cracher sur l’énergie qui animait notre adolescence et que l’on peut retrouver dans ces morceaux. Notons quand même que la plus jeune est née en 2010 et puis elles ont ouvert un concert de Bikini Kill, donc c’est pas mal la classe alors on peut toustes fermer notre mouille et être impressionné-es. Personnellement j’ai beaucoup beaucoup écouté All In My Head, un peu plus pop, mais également Too Many Things qui donne envie de frénétiquement agiter la frange d’avant en arrière. La chanson Yo Me Estreso reprend clairement des sonorités hispaniques et est très chouette. L’album de bout en bout est un petit concentré d’énergie qu’on se passe pour se mettre en chemin le matin, se caféiner le cerveau avec quatre meufs énervées. Et c’est parfait pour le printemps.

Wake UP! de Hazel English
Une de mes découvertes les plus récentes, bien que cet album soit de 2020 (on est là aussi pour re-découvrir de petites pépites plus anciennes). Je suis tombée sur le morceau Off My Mind, qui fait désormais partie des playlists de la librairie, et j’ai poussé l’investigation plus loin avec l’album complet. Sans que cela soit totalement comparable, je trouve dans la voix de la chanteuse un petit truc qui me fait penser à Cults. Peut-être dans le côté un peu « lointain » de la voix, un truc dans le léger écho, ou juste une impression de ma part. L’un de mes morceaux préférés sur cet album est Five And Dime , et si les ressentis des ambiances d’un album sont très propres à chacun-e, celui-ci pour moi appelle le printemps. Il respire les arbres en fleurs, les verres de citronnade en terrasse et le fait de doucement danser dans la rue avec le morceau Like A Drug dans les oreilles (personnellement). Laissez-vous envelopper des sons faussement éthérés de Hazel English, et restez aussi perplexes que moi devant le clip de Shaking , je vous promets que ça vaut le détour.
Et si vous avez un goût prononcé pour la musique latina, je vous fais voyager à Puerto Rico avec le Tiny Desk Concert de Bad Bunny. Ca marche très bien dans une ambiance plus feutrée, et à l’image de son dernier album, on retrouve les sonorités traditionnelles de la musique portoricaine, ainsi qu’un accompagnement musical de haute volée. Si avec ça l’indice d’exposition UV n’est pas remonté, je ne sais pas ce que je peux faire de plus pour vous.
Répondre à Sol Annuler la réponse.