En même temps que le changement d’heure on a retrouvé un peu de joie de vivre, le poids de l’existence se fait plus léger sur nos épaules et les soirées qui s’étirent invitent à regarder et écouter toutes sortes de choses chouettes. Petite plongée dans ce qui m’a bercée ces derniers temps.
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L’une des plus jolies découvertes série de ces derniers mois, je la dois à plusieurs personnes qui me suivent sur internet et qui m’en avaient parlé. Mais ce qui m’a donné l’impulsion de me lancer, c’est qu’elle me soit recommandée par quelqu’un qui fait augmenter ma fréquence cardiaque. Et c’était formidable.
Ana et Oscar se rencontrent un soir de nouvel an par des ami-es commun-es. L’un est né le 31 décembre et l’autre le 1er janvier, ce qui leur donne de quoi entamer la conversation. L’attirance est immédiate, ainsi que la connivence. Pendant les dix années suivantes, nous les retrouverons pour cette journée particulière, à cheval entre leurs deux anniversaires, le temps de jauger ce qui est advenu pendant les 364 jours précédents. Quelle beauté que de pouvoir saisir un aperçu d’une relation qui contient énormément d’amour, riche, complexe. De voir comment le temps joue avec et contre deux personnes, les chemins que peut prendre la vie, les lassitudes et les désirs, les routes qui s’éloignent et se recroisent – et ce qui reste, ce qui, envers et contre tout, perdure. Les personnages sont écrits avec une belle richesse, c’est une série très sensuelle autant que très réaliste et je crois que chaque épisode m’a un peu bouleversée.

- The History of Sound
Je suis contente car depuis le mois de janvier j’essaye d’aller plus souvent au cinéma, et jusqu’ici j’ai réussi à y aller une fois par mois. En mars je suis allée voir The History of Sound, adaptation par Oliver Hermanus de deux nouvelles de Ben Shattuck, issues d’un recueil dont je vous avais parlé ici, la boucle est bouclée parfois les étoiles s’alignent. J’avais beaucoup aimé ce recueil, plutôt brillant, donc les nouvelles se répondaient. Et l’adaptation cinématographique me faisait la joie de caster Paul Mescal que j’adore et Josh O’Connor avec qui je vis dans ma tête (nous sommes très heureux dans notre maison londonienne et avons un chien, un berger australien du nom de Josie). Musique, histoire d’amour, États-Unis profonds, renoncement, tragédie, le cahier des charges était rempli pour me faire chialer ma race – et ce fut fait.
L’histoire est celle de deux jeunes hommes qui se rencontrent dans un bar, tous les deux liés par la musique, ils ne tardent pas à développer des sentiments très forts l’un pour l’autre, et décident de se lancer dans un voyage au coeur des terres rurales du pays afin de collecter sur cylindres les chants vernaculaires de ces régions. C’est autant un film sur l’amour et ses complexités que sur la manière dont la musique, le chant, le son, modèle des relations et des territoires. Le tout avec une jolie photographie, un rythme lent qui épouse le son et un jeu d’acteurs tenu et touchant.

- Lee
Continuons avec un film qui m’a plus marquée que je ne l’aurais cru. J’aime le travail de Lee Miller depuis plusieurs années, j’avais pu assister à une exposition à Arles il y a quatre ans retraçant sa carrière et s’il m’en reste des souvenirs assez vifs de la partie pré-guerre, mon cerveau avait un peu relégué dans un coin ses reportages lors de l’ouverture des camps de concentration. Mais je n’avais pas vraiment de connaissance de son parcours et de ce qui l’avait amenée à laisser de côté la photographie de mode au profit du reportage de guerre.
Le film d’Ellen Kuras démarre un petit peu avant la guerre et montre comment la photographe s’est démenée pour donner à voir au monde la réalité de ce qui se déroulait lors des combats, dans les villes libérées et dans les camps en dépit d’une volonté générale de détourner le regard. Le choix de Kate Winslet est brillant, je l’aime tant et son jeu est impeccable. Elle sait mettre l’intensité nécessaire au propos. Sans m’être renseignée avant j’y ai aussi retrouvé Josh O’Connor sur un rôle mineur mais également Andy Samberg que j’aime tellement et qui joue le rôle de David Scherman, photographe et compagnon de route de Miller. Et, on pouvait s’y attendre mais cela fait toujours plaisir quand le taf est bien fait, de nombreux plans reprennent des photos plus ou moins célèbres de Lee Miller, mettant en adéquation son travail avec la narration du film. Vraiment chouette pour en apprendre plus sur elle.
Écouter

Si vous ne connaissez pas le podcast Torchon, je vous conseille d’aller y jeter une oreille. Léa, accompagnée de ses divers invité-es, lit pour nous des ouvrages qui font beaucoup parler d’eux dans l’actualité littéraire afin que nous n’ayons pas à le faire et les débriefe pour savoir si c’est une chouette lecture ou un vrai torchon. Si j’avais énormément ri de son épisode sur le texte commis par Nicolas Sarkozy j’ai trouvé que l’épisode sorti dernièrement était assez chouette pour parler de romance.
Léa et Marine Lambolez ont lu Beach Read, d’Emily Henry, autrice de romance étasunienne qui a plutôt la cote en ce moment et dont je vous ai parlé plusieurs fois car j’aime bien ce qu’elle fait. Le roman présente un trope classique d’ennemies to lovers, deux écrivains qui se retrouvent dans le même village (how odd) et vont se challenger d’écrire chacun-e un roman dans le style de l’autre (elle fait de la romance obviously et lui écrit des romans jugés « sérieux »). Cet épisode permet de parler du roman mais de la romance en générale, ce qu’on y cherche, ce qu’on y trouve, et d’appuyer assez justement sur la question de la traduction qui à mon sens ruine les romances anglo-saxonnes qui arrivent en France. Et puis on rigole quand même pas mal, alors c’est chouette.

- A bientôt de te revoir : Nadia Daam / David Castello Lopes
Ce n’est pas la première fois que je vous parle du podcast de Sophie-Marie Larrouy et je vais continuer car selon les invité-es j’y passe vraiment un excellent moment. Comme on reçoit Nadia Daam à la librairie prochainement j’ai écouté son épisode et c’était super chouette car Nadia est très drôle, pertinente sur tout un tas de sujet et qu’elle a une chouette connivence avec SML donc ça ne gâche rien. Pour moi qui suis un peu angoissée par le small talk dans ma vie personnelle, je trouve ça vraiment super d’écouter des gens parler de tout et de rien, peut-être parce que j’admire secrètement leur capacité à savoir le faire alors que je suis nulle à ça.
Et plus étonnant, j’ai découvert que j’aimais beaucoup David Castello Lopes. Comme quoi, la vie est encore en capacité de me surprendre et j’en suis reconnaissante. Au-delà de son propos, je crois que c’est sa voix et sa douceur, son rythme, qui vient faire comme une petite caresse à mon cerveau. J’aime bien son humour, les petits jeux de mots qu’il glisse sans y toucher entre deux phrases. Bref, c’était une révélation à moi-même et ça m’a fait plaisir.
On s’arrête là car la période n’est pas très riche pour moi en découvertes, je pense que j’ai besoin de revenir à des choses très doudous en ce moment – l’anxiété, on se sait – et j’écoute surtout beaucoup de musique (bien qu’un peu la même chose en boucle) donc je vais essayer de vous déterrer des choses cools pour la fin du printemps.
Loler
Je ne vous oublie pas sur la partie lol et je vous glisse en sus les derniers mèmes enregistrés dans mon panthéon personnel. Certains étaient déjà dans ma précédente newsletter, désolée pour les doublons.






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